Atelier national de validation du rapport descriptif des Zones marines d’Importance Ecologique ou Biologique (ZIEB) au Bénin
L’atelier s’est déroulé dans le cadre du projet pilot national de Gestion Intégrée de la Zone Marine et Côtière (GIZMaC) du 19-21 Juin 2019 à Cotonou.
Dans le but d’établir les conditions d’un développement intégré de ses zones littorales tout en préservant l’équilibre écologique de ces milieux, le Bénin s’attèle à renforcer ses instruments de gouvernance, conformément aux orientations de la Convention d’Abidjan. Ainsi, pour faire face à la fragilisation de ses écosystèmes marins et côtiers, le pays met actuellement en œuvre un projet pilote national de Gestion Intégrée de la Zone Marine et Côtière (GIZMaC). D’une durée de deux ans, ce projet vise à maintenir les importants services écosystémiques sur lesquelles repose les moyens de subsidence et le bien-être des populations littorales.
C’est dans le cadre du projet GIZMaC que s’est déroulé du 19 au 21 juin 2019 au Bénin Royal Hôtel de Cotonou, l’atelier national de validation du rapport descriptif des ZIEB. Cet atelier a été organisé par la Direction Générale de l’Environnement et du Climat (DGEC) du Ministère du Cadre de Vie et du Développement Durable (MCVDD), avec l’appui financier et technique du Ministère Fédéral Allemand de l’Environnement, de la Conservation de la Nature et de la Sûreté Nucléaire, du Secrétariat de la Convention d’Abidjan, et de GRID-Arendal. L’atelier a vu la participation de représentants de nombreuses institutions nationales et organisations non-gouvernementales béninoises et ouest-africaines.
Le principal objectif de l’atelier était de contribuer à la mise en œuvre des dispositions de la Convention sur la Diversité Biologique (CBD) par la validation du rapport descriptif des ZIEB pour le Bénin et de la cartographie desdites zones. De manière plus spécifique, l’atelier était l’occasion de présenter aux participants le rapport et notamment les sites retenus dans le cadre du projet, pour examen et validation. Les participants ont saisi cette occasion pour réfléchir à de possibles mesures de gestion, telles que le développement d’Aires Marines Protégées (AMP).
À l’issue des travaux de l’atelier, le rapport a été validé et adopté à l’unanimité par les participants. Les recommandations suivantes ont été formulées :
- impliquer le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité Publique, notamment la police Fluviale et les organisations de la société civile dans le processus de création des AMP;
- mettre en place un comité restreint de relecture du rapport avant de le faire parvenir à la CBD;
- et sensibiliser les pêcheurs au bien-fondé des infrastructures (digues immergées) installées dans la mer à Cotonou, Avlekété, etc. En effet, ces digues servent de frayères aux poissons, tortues marines, crevettes, etc., et contribuent de ce fait à la préservation des espèces et au développement de la pêche et du tourisme sur le long terme.
À la suite des trois communications qui ont constitué la session technique de l’atelier (introduction au processus des ZIEB; rapport descriptif des ZIEB; et présentation de la cartographie des ZIEB identifiées), le vendredi 21 juin les participants ont eu l’opportunité de visiter les sites de la Bouche du Roy et du village Honhlihoue à Avlo (Grand-Popo). Ces visites étaient l’occasion pour les experts et les partenaires de découvrir le caractère unique de ces sites ainsi que les problématiques liées à la gestion des mangroves sur l’île aux sels.
Au village, un échange a eu lieu avec l’association Nonviha des femmes salicultrices, dont l’objectif est de protéger les mangroves. Le village, où la principale activité des populations est la préparation de sel, est ceinturé par ces arbres qui le protègent de l’érosion et des inondations. Mais l’utilisation anarchique des mangroves pour cette activité met en péril la survie de l’écosystème tout entier, et menace le village de disparition. Cette problématique nécessite la mise en place de mesures de gestion durable. C’est en ce sens que les partenaires se sont engagés à appuyer les femmes de l’association Nonviha dans leur lutte pour la préservation des mangroves. Dans ce cadre seront mises en œuvre des activités alternatives comme la pisciculture, l’élevage ou le commerce, dans le but de réduire la pression sur les mangroves.

Représentant le Directeur Général de l’Environnement et du Climat du MCVDD, M. Bertin Bossou, Directeur de la Gestion des Pollutions, Nuisances et Police Environnementale, a déclaré: « il urge de mettre en œuvre des actions de sauvegarde en vue d’une gestion durable des écosystèmes côtiers et marins Béninois. Cet atelier constitue ainsi un grand pas dans cette direction, puisque de la validation du rapport descriptif des ZIEB dépend le lancement du processus qui mènera le Bénin vers la création d’AMP ».
Mme Alison Amoussou, représentant le Secrétariat de la Convention d’Abidjan, a quant à elle félicité le Bénin « pour son adhésion à cette initiative régionale qui lui permettra de développer une gestion intégrée de l’océan sur le long terme, dans le but d’assurer la préservation des ressources marines et côtières dont il regorge ».
Le projet pose spécifiquement les bases d’une approche intégrée de gestion des zones marines à travers la mise en place de trois outils concrets d’aide à la prise de décision : l’identification et la description des Zones d’Importance Ecologique ou Biologique (ZIEB); une approche holistique et stratégique de Planification Spatiale Marine (PSM) pour un développement littoral basé sur la conservation des ressources et les services écosystémiques; et le développement d’un Rapport sur l’Etat de l’Environnement Marin (REEM).
Louis PILLE-SCHNEIDER


