L’atelier pose les bases de l’application de la planification spatiale marine dans le pays.
Du 14 au 18 décembre 2020, un atelier de formation à la planification spatiale marine (PSM) s’est déroulé à Saly, Sénégal. Celui-ci était organisé conjointement par la Direction de l’Environnement et des Établissements Classés (DEEC) et par l’initiative Blue Solutions en partenariat avec la Convention d’Abidjan et le Centre de Suivi Écologique (CSE) de Dakar. Faisant suite à celui organisé à Sao Tomé et Principe en février 2020, ce nouvel atelier visait à sensibiliser les décideurs (ministères concernés et parlementaires) sur la nécessité et l’importance de la PSM pour une gouvernance durable des zones marines et côtières, et à renforcer les capacités des structures techniques impliquées dans la gestion de ces zones.
Comme l’a indiqué M. Baba Dramé, Directeur de la DEEC, « L’objectif est de doter les experts qui sont en charge de la PSM de nouveaux outils, dans le cadre d’une démarche intégrée qui puisse leur permettre de travailler ensemble pour planifier de manière concertée notre espace maritime et côtier ». De manière spécifique, la formation a ainsi permis aux participants de comprendre la pertinence de la gestion et du développement durabledes zones côtières et marines, de faciliter l’élaboration de leur système de PSM, de prendre en compte la dimension transfrontalière de la gestion des ressources marines, de conduire un processus d’identification et de résolution de conflits entre les multiples usages maritimes, et de planifier un développement socio-économique littoral intégré.

L’atelier a été organisé selon l’approche méthodologique de la formation « Blue Planning in Practice » (Planification Bleue en Pratique), développée par Blue Solutions. Basée sur la « Havard Business School Case Method », la formation Planification Bleue en Pratique est orientée sur la transmission de messages d’enseignement par le biais du travail interactif des participants. Les défis de planification à surmonter sont représentés dans le pays fictif de « Bakul ». Cette approche permet aux participants de s’imprégner d’un sujet similaire à un potentiel cas réel, mais néanmoins éloigné de leur contexte habituel de travail, et des éventuelles tensions que celui-ci pourrait susciter, entre participants de différentes structures notamment.
En termes de contenu, la formation a notamment été l’occasion pour les participants d’aborder les aspects suivants de la PSM: l’identification des besoins et processus de conception ; l’élaboration d’une vision et d’objectifs communs ; l’organisation de la participation des parties prenantes ; l’inventaire et l’analyse des conditions actuelles et futures ; la rédaction et approbation du plan de gestion de l’espace ; sa mise en œuvre et son application ; et enfin son suivi, sa révision, et son ajustement où nécessaire.
Dans le cadre de la formation, une visite de terrain a par ailleurs été effectuée, au sein de la Réserve naturelle d’intérêt communautaire de la Somone (RNICS). Lors de la visite de terrain, les participants ont bénéficié d’une présentation des mécanismes propres à la gestion de la réserve et ont ainsi pu appréhender les spécificités de cette zone. La réserve est gérée par les communautés locales, et cette visite a ainsi été l’occasion de mettre en avant l’intérêt de la prise en compte de l’aspect communautaire et des synergies et complémentarités d’actions au sein d’un mécanisme de PSM.

Au cours de l’atelier, Dieynaba Seck, l’une des formatrices du CSE, a déclaré, « L’atelier a regroupé les différents services et représentants des ministères qui opèrent au niveau de l’espace marin et côtier du Sénégal. Et nous pensons qu’ils pourront être les porteurs de notre message auprès de nos autorités. Nous sommes convaincus que les prémices de ce processus de planification vont être lancés sous peu, dans le but de mieux gérer nos océans ». Mme. Marie-Rose Dior, de la Haute Autorité chargé de la Sureté et de la Sécurité en Mer (HASSMAR) a quant à elle souligné que « La PSM impose aux structures et à l’État une organisation pour pouvoir prendre en compte les intérêts de tous les utilisateurs de la mer ». Au terme de l’atelier, M. Dramé a pour sa part conclu que « L’esprit collaboratif qui a prévalu tout au long de cette rencontre, nous renforce dans l’idée que seule une démarche participative et concertée, constitue un gage de réussite des initiatives de développement durable pour notre zone marine et côtière ». D’autres formations et activités de PSM se dérouleront au Sénégal et dans les pays voisins d’Afrique de l’Ouest au cours de l’année 2021.
Ms. Marie-Rose Dior, of Senegal’s High Authority for Safety and Security at Sea (HASSMAR), for her part, stressed that “MSP requires institutions and the State to have an organization able to take into account the interests of all users of the sea”.
At the end of the workshop, Mr. Dramé concluded, “The collaborative spirit that prevailed throughout this meeting reinforces us in the idea that only a participatory and concerted approach is a guarantee of success for sustainable development initiatives for our marine and coastal zone”. Other MSP training and activities will be taking place in Senegal and neighboring West African countries during 2021.
Louis PILLE-SCHNEIDER & Alison AMOUSSOU
Pictures: Alison Amoussou (Secrétariat de la Convention d’Abidjan)


