Nouvel atelier de formation « Blue Planning in Practice » organisé à São Tomé-et-Príncipe
Des participants de cinq pays d’Afrique de l’Ouest se sont réunis pour en apprendre davantage et échanger sur la théorie et la pratique de la planification spatiale marine.
Du 3 au 7 février 2020, des participants de Côte d’Ivoire, de Mauritanie, de São Tomé-et-Principe, du Sénégal et du Togo se sont réunis à São Tomé pour une formation sur la Planification bleue en pratique (BPiP). Les ateliers de formation BPiP, développés par l’initiative Blue Solutions en 2016 et régulièrement organisés dans les régions côtières depuis lors, permettent aux aménageurs, praticiens et décideurs de s’investir dans la planification spatiale marine (PSM).
Le cours de formation BPiP aborde la planification spatiale marine d’un point de vue à la fois théorique et pratique, grâce à une méthode d’étude de cas qui transmet les messages pédagogiques par le biais d’exercices interactifs et pratiques. L’étude de cas traite d’un pays fictif, Bakul, ce qui permet aux participants de discuter de différents aspects de la planification spatiale marine en dehors de leur habituel contexte de travail national, tout en restant cependant proche des conditions et des défis de la vie réelle.
À São Tomé, l’atelier de formation BPiP s’est déroulé dans le cadre du Programme de gestion du littoral ouest Africain (WACA) financé par la Banque mondiale, en partenariat avec le secrétariat de la convention d’Abidjan, GRID-Arendal, l’ONG française Des Requins et des Hommes et le Centre de suivi écologique du Sénégal.
Le cours a été inauguré par M. Osvaldo D’Abreu, ministre des Travaux publics, des Infrastructures, des Ressources naturelles et de l’Environnement de São Tomé-et-Príncipe, en présence de M. Richard Dacosta du secrétariat de la Convention d’Abidjan, de M. Arlindo de Carvalho, coordinateur national du projet WACA à São Tomé-et-Príncipe, et de M. Laurent Mehdi Brito, spécialiste principal des marchés publics, au nom de la Banque mondiale.

Durant le cours, les exercices et les discussions ont concerné les sujets suivants : les services écosystémiques ; l’organisation du processus de PSM ; l’identification et la cartographie des parties prenantes et de leurs intérêts respectifs ; l’état des lieux des conditions actuelles et futures ; l’identification des incompatibilités spatiales ; l’évaluation des besoins en données géospatiales ; la préparation et la négociation du plan ; et la cartographie de l’aire marine et la répartition des usages de l’espace maritime.
Tout au long de l’atelier, les participants ont pu acquérir des connaissances théoriques sur le processus de PSM et ses différentes étapes, et se sont familiarisés avec les différentes analyses à effectuer lors de chaque phase de planification. Les débats organisés ont permis d’aborder les questions et éventuels doutes des participants, et d’envisager différentes alternatives de planification. Les participants ont également eu l’occasion de partager les progrès réalisés en matière de PSM dans leurs pays respectifs et d’apprendre de l’expérience des autres. Enfin, les participants ont conçu des plans de travail avec les prochaines étapes visant à faire avancer leurs processus nationaux de PSM au cours des six mois à venir
Alors que la formation à São Tomé s’est principalement concentrée sur les phases préparatoires et initiales du cycle de planification – dans la mesure où les pays participants n’en sont à ce stade qu’aux premières phases de planification – les étapes finales telles que la mise en œuvre, le suivi ou l’évaluation n’ont pas été abordées. Celles-ci devraient cependant faire l’objet de futures formations. En effet, d’autres formations au niveau national doivent être développées prochainement dans la région afin de renforcer les capacités et de répondre aux besoins spécifiques des pays d’Afrique de l’Ouest en matière de planification et de gestion basées sur les écosystèmes marins.
Enfin, l’atelier de formation comprenait également une excursion à Santana, un village côtier situé à 14 kilomètres au sud de la capitale de São Tomé, qui a donné aux participants l’occasion d’échanger avec la communauté locale de pêcheurs de Messias Alves. Santana est le théâtre d’une coexistence intéressante entre les pêcheurs locaux et les nouvelles installations écotouristiques du Club Santana, au sein d’un paysage côtier impressionnant. À Santana, la pêche traditionnelle à petite échelle constitue une attraction touristique, tandis que les pêcheurs tirent des revenus de la vente de leurs prises à l’hôtel. Un repas partagé entre les pêcheurs et les participants à l’atelier dans le centre communautaire de Messias Alves, a permis un échange enrichissant d’expériences et de points de vue.
Revenant sur les cinq jours de formation, Mario Caña, expert maritime chez GRID-Arendal et formateur pour Blue Solutions, a déclaré : « Ce n’est pas du tout le cours typique où les formateurs font de longues présentations et fournissent beaucoup d’informations aux participants. Au lieu de cela, le BPiP transmet des messages pédagogiques principalement par le biais des travaux pratiques effectués par les participants, et des débats qui suivent », avant d’ajouter positivement : « En tant que nouveau formateur du BPiP, j’ai été impressionné de voir l’intérêt et la motivation exprimés par les participants lors de chaque leçon ou exercice. Je suis convaincu que les connaissances et l’expérience qu’ils ont acquises durant ces cinq jours seront un atout important pour les processus de PSM dans leur pays d’origine ».
Mario CAÑA & Louis PILLE-SCHNEIDER
Photographies : Mario Caña & Cristiano da Costa


