Le projet GIZMaC collabore avec la société civile pour la protection de la biodiversité marine le long du littoral béninois
Nature Tropicale, qui œuvre à la protection des tortues marines depuis 1998, est un partenaire de choix pour le projet GIZMaC dans le processus de création des Aires Marines Protégées (AMP) au Bénin.
Le projet de Gestion Intégrée de la Zone Marine et Côtière (GIZMaC), l’un de trois projets pilotes nationaux Mami Wata (MW), est actuellement implémenté au Bénin avec pour objectif principal la préservation des écosystèmes marins et côtiers du pays.
Dans ce contexte, la validation le 21 juin dernier à Cotonou du rapport d’identification et de description de deux Zones d’Importance Écologique ou Biologique (ZIEBs) au Bénin (respectivement sur les sites de Bouche du Roy-Togbin Daho et de Donaten) a constitué un pas majeur vers la mise en place d’AMPs. Ce processus de création d’AMPs a pour but, comme l’explique M. Mallé Diagana, expert du projet MW sur les ZIEBs, « la préservation des ressources marines et côtières face aux défis du changement climatique, de la sécurité alimentaire, mais également du développement rapide d’infrastructures lourdes sur les littoraux de la sous-région ouest africaine ». Néanmoins, au-delà de cette étape technique et scientifique clé de validation des ZIEBs, le processus de création d’une AMP efficace et juste nécessite également l’adhésion des populations locales, et l’implication des différentes parties prenantes œuvrant autour des ressources marines et littorales. La mise en place d’un processus participatif permet en effet d’éviter de possibles conflits d’usages entre des activités aussi diverses que la pêche, le tourisme, et la conservation.
Dans le cadre du projet GIZMaC, « les données sont actuellement collectées, et des échanges sont en cours avec les élus locaux, les ONG, les organisations professionnelles, et d’une manière plus générale, toutes les structures investies dans la gestion des ressources halieutiques au Bénin », a déclaré Mme Faustine Sinzogan, coordinatrice du projet et point focal de la Convention d’Abidjan. La collaboration étroite entre l’ONG Nature Tropicale et le projet GIZMaC sur le site de Donaten à Cotonou constitue un bon exemple de processus participatif élargi aux acteurs de la société civile, dépassant de ce fait le strict cercle scientifique et institutionnel.

Nature Tropicale est une ONG Béninoise particulièrement investie dans la préservation des ressources marines. Les tortues marines tout particulièrement, constituent la cible d’actions de l’organisation depuis plus de 20 ans. L’éventail de ces actions s’étend de la protection des tortues marines jusqu’à la collecte de données scientifiques, en passant par des actions d’information, d’éducation au changement de comportement, ou encore de responsabilisation des communautés locales.
Les actions de Nature Tropicale rejoignant les objectifs du GIZMaC en termes de protection de la biodiversité marine et côtière, une collaboration étroite est en place entre l’organisation et le projet depuis Avril 2019. L’ONG cible d’ores et déjà les sites clés pour la préservation des tortues marines, notamment à travers son Programme de sauvegarde des espèces et écosystèmes menacés, dont l’un des objectifs est la sauvegarde des six espèces de tortues marines présentes en Afrique de l’Ouest. Quatre notamment ont été identifiées par l’organisation sur les côtes béninoises: la tortue olivâtre (Lepidochelys olivacea), la tortue luth (Dermochelys coriacea coriacea), la tortue verte (Chelonia mydas) et la tortue imbriquée (Eretmochelys imbricata).
Lors d’une visite de l’équipe du projet GIZMaC à Donaten, M. Josea Dossou Bodjrenou, directeur de Nature Tropicale a déclaré, « Ce site-cible des actions de Nature Tropicale est important pour les tortues vertes. En effet, celles-ci, en particulier les tortues juvéniles, ont élu domicile durant des décennies entre les épis installés conte l’érosion côtière et cette zone est devenue une aire d’alimentation. Si ces tortues étaient de par le passé pêchées par les populations locales, les actions de sensibilisation contre la criminalité faunique portent désormais leurs fruits. Un problème demeure cependant, celui de la pollution, qui reste une importante menace pour ces tortues ».
A proximité de la plage du site se trouve également un espace de ponte pour les tortues vertes. Ici, les bénévoles de Nature Tropicale – les éco-gardes – collectent les œufs des tortues et les mettent en incubations avant de relâcher les petits en mer, contribuant ainsi au maintien de la population de l’espèce.
Les bons résultats de protection des tortues vertes déjà constatés sur le site, et la désignation récente de celui-ci comme ZIEB, suggèrent des possibilités de synergies fructueuses entre Nature Tropicale et le projet GIZMaC durant les mois à venir, tout particulièrement en vue de la création future d’une AMP. M. Bodjrenou a ajouté : « Nous espérons que la mise en place d’une AMP dans cette zone permettra aux bénévoles de recevoir le soutient nécessaire leur permettant de mieux mener à bien leurs actions essentielles pour la protection des ressources marines du littoral Atlantique ».
Louis PILLE-SCHNEIDER


