Le projet EIMCEM au Ghana organise son premier atelier de validation par les parties prenantes
Les 4 et 5 décembre 2019, l’équipe et les partenaires du projet EIMCEM (Approche Écosystémique pour une Gestion Intégrée de l’Environnement Marin et Côtier) se sont réunis pour évaluer les progrès réalisés en matière de planification spatiale marine (PSM), de rapports sur l’état du milieu marin (REEM) et de zones marines d’importance écologique ou biologique (ZIEB).
L’atelier de validation par les parties prenantes des trois composantes de gestion intégrée des océans (PSM, REEM et ZIEB) s’est déroulé à Takoradi et a vu la participation des autorités traditionnelles de la région occidentale du Ghana. 18 mois après le lancement du projet, qui est actuellement mis en œuvre dans quatre districts côtiers de la région occidentale (Ahanta Ouest, Nzema Est, Jomoro et Ellembelle), cet atelier a été l’occasion de présenter et d’évaluer les progrès réalisés sur les trois outils: la PSM, le REEM et l’identification des ZIEB. L’Agence de protection de l’environnement (EPA), chargée de la mise en œuvre du projet EIMCEIM, était représentée par le Dr Lawrence Akoto, chargé de programme en chef, au nom de M. Ebenezer Appah-Sampong, directeur exécutif adjoint de l’institution.
Les parties prenantes se sont réunies dans le but d’évaluer et de valider les données de base collectées, ainsi que pour combler les lacunes existantes avant de passer à l’analyse des données. Les parties prenantes ont représenté un large éventail d’institutions et de groupes d’intérêt, y compris le gouvernement, le monde universitaire et les communautés locales : l’EPA, l’Autorité maritime du Ghana, l’Université du Ghana, l’Université de Cape Coast, le Centre pour les zones humides africaines, la Commission des pêches du ministère du développement de la pêche et de l’aquaculture, la Division de la faune sauvage de la Commission des forêts, mais aussi de manière cruciale, les communautés locales de pêcheurs. L’atelier été organisé autour de trois groupes de travail, un pour chaque composante de la GIO.
ZIEB : L’équipe du projet a identifié 9 sites potentiels dans la zone du projet, selon les 7 critères scientifiques adoptés lors de la CdP 2008 de la Convention sur la diversité biologique. Chaque zone identifiée dans les différents districts a ses propres spécificités, qui sont:
- Ahanta Ouest : Zone de reproduction et de repos, upwelling site de récif corallien, habitat de mammifères marins, et importantes routes migratoires ;
- Nzema Est : Tortues marines ;
- Jomoro : Mangroves ;
- Ellembelle : Zone de reproduction et de repos pour les poissons.
L’équipe a également présenté des cartes indiquant:
- Les zones de récifs coralliens ;
- Les zones de nidification des tortues, les points de pêche et les zones riches en crevettes ;
- Les routes de migration des poissons ;
- Les zones de présence de zooplanctons.
Le Centre d’expertise (CE) MAMI WATA pour les ZIEB, le Centre de suivi écologique (CSE) a participé à la réunion, et travaillera en étroite collaboration avec l’EPA en 2020 pour affiner ces sites, afin de décider lesquels pourraient être déclarés zones marines protégées à l’avenir.
REEM: L’EPA a présenté les premières analyses réalisées, basées sur les informations recueillies en juin 2019. Ces différentes analyses présentent l’évolution des ressources dans la zone d’étude ainsi que les conditions existantes.
« Le groupe REEM est chargé d’examiner les pressions. Celles-ci influencent les ressources dont nous disposons le long de la côte. Quand je parle de pressions, j’entends des activités qui auraient un effet négatif sur nos ressources, et qui de ce fait diminueraient leur qualité et leur quantité », explique le Dr Donatus Angnuureng, chercheur au Centre de gestion côtière de l’Université de Cape Coast et membre du groupe REEM.
Le CE MAMI WATA pour le REEM, l’Agence de protection de l’environnement – Sierra Leone (EPA-SL) et son partenaire l’Université de Sierra Leone (USL), ont travaillé en étroite collaboration avec l’EPA du Ghana en termes d’échange de connaissances et pour aider à présenter la première analyse. Les prochaines étapes consistent à affiner cette première analyse, dans le but de présenter un REEM pour la région occidentale du Ghana d’ici à la fin de l’année 2020.
PSM: L’équipe du projet a présenté son cadre de développement de l’espace marin sous-régional (MSDF), qui vise à donner des orientations politiques pour l’utilisation efficace des écosystèmes côtiers et marins. Le MSDF couvre les quatre districts côtiers susmentionnés et couvre une superficie totale d’environ 79498 km2, dont 247 km2 sur le continent et 77019 km2 d’espace océanique.
Mme Celestina Deku, urbaniste à l’Autorité spéciale d’aménagement du territoire, a commenté : « La PSM est un aspect important du projet […]. Une fois que vous avez identifié les zones sensibles, et que vous avez également évalué l’état de l’environnement marin, quelle est la prochaine étape ? Vous devez mettre en place des mesures pour protéger ou atténuer certaines activités humaines ou pressions provenant d’autres zones, et vous devez également conseiller quant à l’utilisation des ressources dans l’espace marin. La planification spatiale marine nous permet de rassembler toutes les pièces du puzzle et d’élaborer des plans de gestion visant à nous aider à mieux utiliser les ressources de l’espace marin ».
Le CE MAMI WATA pour la PSM, l’Institut International de l’Océan (IOI) a assisté à la réunion et commenté le processus de PSM à ce jour ainsi que les étapes à venir. Celles-ci comprennent notamment des ateliers avec tous les acteurs concernés, afin de finaliser un plan de planification de l’espace marin pour la région occidentale – l’objectif étant de mettre celui-ci en œuvre et de le faire appliquer d’ici la fin 2020.
Au terme des différentes présentations, les parties prenantes ont exprimé leur soutien au projet, tout en demandant à l’équipe de l’EIMCEM d’organiser des actions plus directes, notamment des sessions de renforcement de capacités avec les pêcheurs locaux. Tous les commentaires des parties prenantes serviront à produire un premier rapport de base pour chaque outil. Ce rapport devrait être circulé pour un examen final au cours des prochains mois.
Alison AMOUSSOU & Louis PILLE-SCHNEIDER
Photographie: Alison Amoussou (Convention d’Abidjan)


